LEnsemble Vocal de la Chartreuse de Bonlieu fête cette année son vingt-cinquième anniversaire. Fondé à l’ini-tiative de Claude Braillard, il prend son nom du monastère Chartreux sis jadis sur les belles et paisibles rives du lac de Bonlieu. Il anime les soirées estivales des paroisses de la région des lacs et du bassin lédonien depuis le mémorable concert du samedi 17 juillet 1993 en l’église de Bonlieu, où le Père Paul Gresset l’avait accueilli avec sa gentillesse et sa joie communicatives. L’Ensemble vocal est actuellement co-dirigé par Pierre Fassy, professeur de musique dans l’Académie de Créteil, par Françoise Bergère, professeur honoraire au lycée Jean Michel de Lons-le-Saunier et directrice du Groupe Vocal Lédonien, et par Jean-Paul Montagnier, Officier de l’Ordre des Arts et des Lettres, professeur à l’Université de Lorraine (Nancy) et, pour l’année 2018-2019, « Visiting Distinguished Professor at the University of Oregon School of Music and Dance ».

 

 

Sopranos Françoise Bergère, Fabienne Géry, Claire Girardin,

Valérie Quantin

 

Altos Delphine Chicot, Marie-Thérèse Claudiani,

Françoise Grosjean, Hélène Sassard

 

Ténors Thomas Guillobez, André Regler, Pascal Rousseau

 

Basses Nicolas Fallou, Pierre Fassy, Jean-Claude Villedieu

 

 

Valérie Quantin, hautbois

Thomas Guillobez, basson

Jean-Paul Montagnier, clavier



 

 

 

 

 

 

 

 

 

 

Ensemble vocal

de la Chartreuse de Bonlieu

 

Programme

 

Samedi 15 septembre 2018

 

Auditorium Karl Riepp

Dole

Pierre Bouteiller (ca. 1655-après 1717) exerça comme maître de musique à la cathédrale de Troyes (1687-1694, 1697-1698) et à celle de Châlons-sur-Marne (1694-1697) avant de se fixer durablement à Paris comme instru-mentiste. Outre un Requiem, il nous laisse treize motets qualifiés d’« excellent[s] » par son contemporain Sébastien de Brossard, comme le charmant Pater noster de ce soir, et quelques chansons imprimées.

 

Alessandro Scarlatti (1660-1725), natif de Palerme, fit ses études musicales à Rome, y prit femme et s’y fit un nom en tant que compositeur d’opéras. Cela ne l’empêcha pas de faire carrière dans les milieux ecclésiastiques. Il fut d’abord maître de chapelle de la Reine Christine de Suède, femme brillante et cultivée qui protégea de nombreux artistes en la Cité Éternelle. Puis il prit la tête de la Musique de la Chapelle Royale de Naples, où il passa le restant de sa vie, tout en allant et venant à Rome. Auteur de 35 oratorios et de 16 messes, il laisse encore une quantité de motets dont un Salve Regina, daté de février 1703, au style méditatif et théâtral. Le texte de cette antienne mariale serait dû à la plume d’Adhémar de Monteil, évêque du Puy-en-Velay (1087-1098), encore connu pour avoir prêché la première croisade (1096-1099) avec Urbain II.

 

 

Retrouvez L’Ensemble vocal sur le site internet

https://sites.google.com/site/evcbonlieu/

 

 

Contact : jean-paul.montagnier@univ-lorraine.fr

 

IPNS

Giovanni Biordi (1691-1748) est un compositeur romain qui débuta sa carrière comme maestro di cappella à la cathédrale de Tivoli. Recommandé par le Cardinal Ottoboni, il fut nommé chantre du Pape en 1717. À compter de 1722, il se fixa jusqu’à sa mort comme maître de musique de l’église San Giovanni degli Spagnoli sur la place Navone, tout en devenant en 1730 secrétaire puis chambellan de la Chapelle Sixtine. Sa mise en musique des Litanies à la Vierge est une très belle méditation à mi-chemin entre le style traditionnel de la Renaissance et le style moderne baroque.

 

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704) partit, dit-on, étudier la peinture à Rome pour en revenir compositeur. Il entra alors au service de Marie de Lorraine, duchesse de Guise, composa pour Monseigneur, Dauphin de France, pour les Jésuites de Paris, et finit sa carrière à la tête de la Musique de la Sainte-Chapelle. Il est le plus célèbre musicien français de l’époque de Lully et laisse un abondant répertoire de motets comme le Laudate Dominum H.214 (1693-1694) écrit pour les Jésuites de l’église Saint-Louis, et le très expressif Salve Regina à trois voix pareilles H.23 (1677) dont l’écriture très chromatique vient mettre en avant les gémissements et les larmes du pécheur.

 

Jean-François Lallouette (1651-1728), secrétaire de Lully, eut une carrière mouvementée entre la Savoie, Rouen, Versailles et enfin la cathédrale Notre-Dame de Paris. Son œuvre est marquée par le style italien comme en atteste son exquis O sacrum convivium, sorte de cantate romaine sur texte latin.

 

 

Nos remerciements vont à tous ceux ayant œuvré pour que

cette soirée culturelle et musicale soit une réussite et un plaisir partagé.

De Jean-Louis Bordier († 1764), nous ne savons pas grand chose. « Accollitte du diosaise de Paris », il fut maître de musique du 22 août 1730 jusqu’à sa mort en 1764 à l’église des Saints-Innocents de Paris. Il composa divers motets pour chœur, solistes et orchestre, rédigea un Traité de composition ainsi qu’une Méthode de musique pratique, et douze messes imprimées en 1758. Sa Missa quatuor vocum David psallebat manu sua emprunte son titre au Premier Livre de Samuel (« David jouait de la harpe »). Ce titre évoque l’épisode de la jalousie de Saül, mais aussi le roi-David musicien. Tantôt enjoué, tantôt sévère, le style simple de cette messe rend à merveille le texte de l’Ordinarium missæ (Kyrie, Gloria, Credo, Sanctus & Benedictus, Agnus Dei). Dans cette œuvre, le texte canonique est complété par une élévation pour la Sainte Hostie (O salutaris hostia), chantée entre le Hosanna et le Bene-dictus, et par une prière conclusive pour le roi, Domine salvum fac regem. Les messes de Bordier furent chantées à la cathédrale de Besançon jusqu’à la fin de l’Ancien Régime.

 

Natif de Thionville, Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755) prit femme à Perpignan avant de rallier la capitale vers 1722. Compositeur à la plume facile et à l’imagination musicale inépuisable, il fut l’un des premiers musiciens de l’histoire à vivre dans l’indépendance, sa production abondante lui permettant de se dispenser de fonctions officielles. Ne disait-on pas de lui : « Bienheureux Boismortier, dont la fertile plume / Peut tous les mois sans peine enfanter un volume » ? Souvent destinée à un public d’amateurs, sa musique est spontanée et d’un abord aisé, sans pour autant tomber dans la facilité et la platitude. La sonate en sol mineur obéit à la coupe traditionnelle en trois mouvements contrastés : un mouvement modéré et un mouvement enjoué et virtuoses encadrent une brève méditation.

Jacques Fargeonnel, natif de Macon, fut chanoine et maître de musique à la Sainte Chapelle de Dijon (à partir de 1669 au moins). Il mourut à l’hôpital de Dijon en 1690 où il fut enseveli. Il excella dans la composition d’airs et de motets, remporta plusieurs concours de musique et aurait fait chanter certaines de ses œuvres devant le Roi, à la satisfaction de la Cour. Il côtoya les célèbres théoriciens et compositeurs René Ouvrard, Jean Mignon et Étienne Moulinié. Il ne nous reste que deux motets de sa main, dont la prière pour le Roi, Deus invictæ virtutis auctor (« Dieu, garant de l’invincible valeur, vainqueur magnifique, roi de l’empire absolu [...] protège notre roi Louis »), sorte de chant de triomphe à la gloire de Louis XIV peut-être rédigé à l’issue du traité de Nimègue (1678) qui permit d’annexer définitivement la Franche-Comté au royaume de France.

 

François Giroust (1738-1799) reçut une éducation musicale complète comme enfant de chœur à Notre-Dame de Paris. Nommé à l’âge de 19 ans à la tête de la maîtrise de la cathédrale d’Orléans, il sera propulsé subitement sur la scène musicale en 1767 en remportant les premier et deuxième prix au concours de com-position organisé par le directeur du Concert Spirituel de Paris. En 1769, il est nommé à l’église des Saints-Innocents de Paris, là où avait exercé Jean-Louis Bordier, avant d’accéder au poste envié de sous-maître de la musique de la Chapelle royale de Versailles en 1775. Il fut élu à l’Institut en 1796. Il composa de nombreux motets avec orchestre et tout particulièrement la messe du couronnement de Louis XVI (1776). Contemporain de Joseph Haydn, son style est celui de l’époque classique. Son Magnificat conserve cependant des passages aux élans chorégraphiques bien français.

 

 

PROGRAMME

 

Ensemble vocal de la Chartreuse de Bonlieu

 

Pierre Fassy & Jean-Paul Montagnier

 

et avec le soutien de Françoise Bergère

 

 

Direction

 

 

Pierre Bouteiller (ca. 1655-après 1717)

 

Pater noster pour chœur mixte

 

Giovanni Bordi (1691-1748)

 

Litanies de la Sainte Vierge pour chœur mixte

 

Marc-Antoine Charpentier (1643-1704)

 

Laudate Dominum pour chœur mixte

 

Alessandro Scarlatti (1660-1725)

 

Salve Regina pour chœur mixte

 

Marc-Antoine Charpentier

 

Salve Regina pour altos, ténors, basses et orgue

 

Jean-François Lalouette (1651-1728)

 

O sacrum convivium pour sopranos et orgue

Jacques Fargeonnel (1690)

 

Deus invictæ virtutis auctor pour chœur mixte et orgue

 

François Giroust (1737-1799)

 

Magnificat pour chœur mixte

 

Joseph Bodin de Boismortier (1689-1755)

 

Sonate n° 4 de l’œuvre 37 pour hautbois,

basson et basse-continue

 

Allegro – Adagio – Allegro

 

Jean-Louis Bordier († 1764)

 

Missa David psallebat manu sua (1758)

Kyrie

Gloria

Credo

Sanctus, O salutaris hostia, Benedictus

Agnus Dei

Domine salvum fac Regem